Lors d’une discussion, mercredi 13 novembre 2024, à l’IPC de Cocody, sur la création du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes en Situation de Handicap (FIPPSH), de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le manque d’implication des personnes concernées et appeler à des mesures concrètes en faveur de l’autonomisation des femmes handicapées. La présidente de l’Union Nationale des Femmes Handicapées de Côte d’Ivoire, Anne Cécile, ainsi que des représentants du gouvernement et des organisations non gouvernementales, ont mis en lumière les défis persistants et les espoirs d’un avenir meilleur.
Au cours de cette rencontre consacrée au FIPPSH, la voix d’Anne Cécile, présidente de l’Union Nationale des Femmes Handicapées de Côte d’Ivoire (UNAFEHCI), a résonné avec force. Elle a exprimé son indignation face au fait que les femmes handicapées, souvent exclues des processus décisionnels, se retrouvent déconnectées des bénéfices que pourrait apporter ce fonds, pourtant conçu pour les soutenir. « Je n’ai pas particulièrement été associée à la dernière version de ce fonds, et ceux qui l’ont reçu n’ont pas pris en compte notre réalité », a-t-elle souligné, appelant à une sensibilisation accrue des décideurs.Les chiffres sont alarmants. Selon le RGPH 2021, la Côte d’Ivoire compte environ 4,7 millions de personnes handicapées, dont 75,6 % sont des jeunes de moins de 35 ans. Ces données illustrent l’ampleur du défi, tant en matière d’accès à l’éducation que d’insertion professionnelle. Anne Cécile a insisté sur le fait que de nombreux membres de sa communauté n’avaient pas eu accès à l’éducation en raison de l’absence de dispositions adéquates : « Ce n’est pas qu’elles ne veulent pas aller à l’école, mais que les structures doivent être adaptées », a-t-elle ajouté.
Mme Mireille Yoro, conseillère à l’agence emploi jeune, a également pris la parole pour décrire les efforts déployés par l’État pour accompagner les personnes en situation de handicap. « Nous mettons en place des opportunités pour les personnes en difficulté à travers différentes initiatives, même si nous devons encore renforcer certaines ressources et allocations », a-t-elle déclaré. Elle a souligné l’importance de créer des lignes budgétaires dédiées, précisant que cela permettrait non seulement de financer des projets d’auto-emploi, mais aussi d’assurer un soutien durable.Le FIPPSH a été créé suite à la ratification de la Convention des Nations Unies relative aux Droits des Personnes Handicapées, représentant une avancée significative vers l’inclusion. Cependant, son impact reste limité. Le besoin pressant d’un plaidoyer organisé a été évoqué, notamment par les Organisations des Personnes Handicapées (OPH) qui cherchent à mobiliser des ressources financières pour soutenir l’auto-emploi des personnes handicapées.« Les OPH jouent un rôle crucial dans le plaidoyer pour l’allocation de ressources. Nous devons convaincre les gestionnaires de fonds de la nécessité de créer des lignes budgétaires spécifiques pour l’auto-emploi », a déclaré Dogo Raphaël, président de la Fédération des Associations pour La Promotion Sociale des Handicapés de Côte d’Ivoire (FAHCI).Quant à Assoumou Charles, conseiller technique à la Direction Générale de l’Emploi (DGE), il a souligné que tous les textes et les lois adoptés par l’État sont soumis à révision. Il a donc recommandé que les personnes concernées se concentrent d’abord sur le projet destiné aux personnes handicapées qui ont été victimes dans le cadre de leur travail, puis plaident pour leurs cas.Des efforts ciblés sont également nécessaires pour sensibiliser les décideurs, développer des stratégies de plaidoyer efficaces et assurer le suivi des engagements pris par les autorités. La collaboration entre les différentes parties prenantes, y compris le gouvernement, le secteur privé, et les ONG, est essentielle pour réaliser ces objectifs.
Il est à noter que cette activité s’inscrit dans le cadre d’une mini-campagne de plaidoyer axée sur les besoins spécifiques des jeunes handicapés. Elle est initiée par la Fédération des Associations pour La Promotion Sociale des Handicapés de Côte d’Ivoire (FAHCI) et la Confédération des Organisations des Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire (COPHCI), bénéficiant de l’appui de l’ONG britannique Sightsavers. Cette campagne vise à renforcer le plaidoyer des OPH auprès des autorités publiques et des gestionnaires de fonds pour l’allocation de lignes budgétaires spécifiques au soutien de l’auto-emploi des personnes handicapées à travers le FIPPSH.
KLP