L’ONG Dignité et droits pour les enfants en Côte d’Ivoire (DDE-CI) a organisé, le jeudi 30 mars 2023, à Abidjan-Plateau, une conférence de presse sur son « projet de promotion de la santé sexuelle reproductive et de la lutte contre les viols, les violences sexuelles et psychologiques faites aux filles et aux femmes handicapées et non handicapées”. Ce projet qui a duré 39 mois, a été financé par ONU Femme et la Fondation Liliane.
Porté par L’ONG DDE-CI, ce projet a été mis en œuvre par l’Organisation Nationale des Parents des Handicapés Auditifs de Côte d’Ivoire, la CARITAS de Port-Bouët, l’Union Nationale des Femmes Handicapées de Côte d’Ivoire, la CARITAS Diocésain de Bouaké et respectivement dans les communes de Yopougon, Port-Bouët, Koumassi et Bouaké.
Selon les acteurs, le bilan a été jugé satisfaisant au vu des résultats engrangés sur le terrain.
AN’Dri Affoué Juliette, chargée du programme enfant victime d’abus de l’Ong DDE-CI et également chef dudit projet a expliqué que des activités de formations, de prévention, de prise en charge sur les VBG et sur la santé sexuelle reproductive et des campagnes de sensibilisation ont été organisées au profit de bénéficiaires.
« Ce sont au total 27 établissements scolaires et universitaires qui ont été visités dans les communes de Bouaké, Koumassi, Port-Bouët et Yopougon. Sur la durée de l’exécution du projet, ce sont au total 26 555 filles et femmes handicapées et non handicapées qui ont bénéficié d’informations et de connaissances utiles pour la promotion de la santé sexuelle reproductive et de la lutte contre les VBG faites à leur égard… », a-t-elle fait savoir.
Poursuivant, elle a indiqué que l’intensité des activités de prévention réalisées a suscité une forte dénonciation de cas de violences sexuelles faites aux filles et femmes.
« Nous avons constaté que le viol demeure toujours un fléau en Côte d’Ivoire. Partant sur la durée de mise en œuvre du projet, 162 survivantes ont été assistées et prises en charge. Ce qui est le plus marquant, c’est que 83,33% de ces survivantes assistées sont âgées de moins de 18 ans, donc des mineures dont 9 sur 14 sont porteuses de handicap, 13 sur 15 ont porté une grossesse à la suite du viol et 4 ont été infectées par le VIH/SIDA. Il faut noter que ces survivantes ont été assistées sur le plan médical, juridique et judiciaire, psychologique, socio-éducatif… », a ajouté la coordinatrice dudit projet.
A l’en croire, en dépit de toutes les activités de prise en charge holistiques, il y’a eu des prises en charge supplémentaires notamment des appuis scolaires, alimentaires, économiques apportées aux survivantes pour favoriser leur intégration et réintégration familiale et sociale.
Selon le rapport de ladite ONG, les cas de VBG sont assez élevés dans la commune de Yopougon. Il note que 72 survivantes ont été prises en charge, soit 44,44% des survivantes. A Bouaké, ce sont au total 25 survivantes, soit 15,43%. A Koumassi, on note 27 survivantes, soit 16,66%. A Port-Bouët, ce sont 38 survivantes, soit un pourcentage de 23,45%.
Par ailleurs, N’Dri Affoué Juliette, également juriste, préconise la vulgarisation des clubs de lutte contre les VBG et la promotion de la santé sexuelle reproductive dans les écoles, l’intégration des cours sur les VBG et sur la promotion de la santé sexuelle reproductive dans les manuels du primaire et du collège et la gratuité de la prise en charge médicale des survivantes y compris le certificat médical…
KGM