DABAKALA/Battue par son mari, elle trouve refuge au commissariat

C’est avec un visage tumifié que Fofana Adjara a trouvé refuge au commissariat de Dabakala le 8 mars 2022. Elle a été mariée par son grand père paternel Fofana Sinan en janvier 20222 à Fofana Sindou, cultivateur à Dabakala sans qu’elle ne soit informée.

Sous la pression du grand père et des autres membres de la famille, elle fut contrainte à mettre ses affaires chez son nouveau mari et d’essayer de vivre avec lui. Mais elle a clairement fait comprendre à ce dernier qu’elle ne se sent pas concerné par cette union.

Un mariage auquel Adjara n’a pas adhéré quoi qu’étant allée s’installer chez son ” mari”. Selon notre source, déjà à l’âge de 12 ans, le même grand père l’avait marié de force à un premier homme. Après 13 ans de vie commune, et deux filles à leur actif, le mari l’a répudié au motif qu’il ne l’aimait plus.

En 2020, elle a quitté son foyer pour refaire sa vie. Mais contre toute attente, le vieux remet le couvert. Il donne en mariage sa petite fille à un jeune qui lui en a fait la demande, alors qu’elle était absente.

Le grand père n’a même pas trouvé utile d’informer Adjara. Comme un vulgaire objet, il l’a donne à qui il veut. Cette fois-ci, Fofana Adjara ne veut pas se laisser faire. Elle informe son père de sa décision de mettre fin à cette farce.

Le mercredi 09 mars 2022, avec l’accord de son père elle part chercher ses affaires chez son supposé mari. N’acceptant pas ce comportement qu’il qualifie d’offense, Fofana Sinan la bastonne violement avec l’aide de son beau frère, le jeudi 10 février 2022 au environ de 10 heures.

Elle a réussi à s’échapper des griffes de ses bourreaux pour se réfugier au commissariat de Dabakala.

Pour une meilleure prise en charge médicale et psychosociales de la victime, le commissariat l’a confié à l’ONG “Nouvelle vision”. Après sa prise en charge médicale et physcosociale elle a été dirigée à la gendarmerie.

Le Commandant de Brigade, saisi du dossier, a donné une convocation au mise en cause pour répondre de ses actes. Mais à la surprise de tous, il ne s’est pas présenté. C’est plutôt le chef de canton qui a appelé le CB pour lui dire de laisser tomber le dossier, car c’est une affaire de famille. Le cas a été réglée à l’amiable. Les mis en cause se sont excusés et ont promis de ne plus s’adonner à de tels actes.

La jeune dame quant à elle est restée ferme sur sa décision de ne pas se marier, ce qui a été acceptée. Pour ce qui concerne les coups et blessures, se sera le sacrifice de sa liberté.

Toutes fois, les frais engagés par l’ONG pour sa prise en charge médicale seront remboursés par l’ex mari.

Coulibaly Djéneba correspondante régionale