La lutte contre les grossesses en milieu scolaire reste une bataille de titan. Ce phénomène a la peau dure. Ce, malgré l’effort du gouvernement, qui ne lésine pas sur les moyens pour sensibiliser et mettre les élèves dans des conditions optimales d’apprentissage. Chaque année des élèves, parfois mineures prennent des grossesses et sont contraintes à abandonner les cours. Ce phénomène inquiète les autorités de la région du Hambole.
Le sous-préfet de Badikaha , une sous préfecture située dans le département de Niakaramadougou, au Nord de la région du Hambol, a menacé de poursuivre en justice, les auteurs de grossesses des élèves dont certaines sont au primaire. 11 cas ont été enregistrés dans les établissements scolaires du site 2 de la Sucrerie africaine en Côte d’Ivoire (SUCAF-CI). Le sous préfet a fait cette déclaration le 8 mars 2022, lors de la célébration de la journée internationale des droits des femmes.
“Les textes juridiques existent en la matière, en Côte d’Ivoire. Les auteurs de ces 11 grossesses précoces seront poursuivis devant les juridictions compétentes. J’y veillerai personnellement”, a martelé le maire, dans son adresse aux femmes de la SUCAF-CI, réunies à l’occasion au stade de Pangalakaha.
A cet effet, le maire a exigé un rapport sur les differents cas aux responsables locaux des établissements scolaires concernés pour constituer un dossier de justice.La présidente des femmes de la SUCAF-CI, Madeleine Silué, a quant à elle déploré le nombre élevé de cas de grossesses de fillettes au collège moderne et dans les écoles primaires de Pangalakaha.Il faut rappeler que pour le premier trimestre de l’année 2021-2022, la région du Hambol a enregistré 21 cas de grossesses précoces au premier trimestre de l’année 2022 , 73 cas entre 2019-2020 et 104 cas entre 2020-2021.Dans une vidéo de RTI Info réalisé en 2021, sur les grossesses en milieu scolaire, c’est la région du Hambol qui aujourd’hui constitue la zone d’attraction.
Des élèves enceintes, c’est une image qu’on voit de plus en plus dans les établissements primaires et secondaires de la Région malgré les risques que cela comporte.Selon le directeur général de la SUCAF-CI, Jean-Pierre Champeau, une activité de sensibilisation des élèves contre ce fléau avait été menée lundi 07 mars 2022, avec l’appui du Fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF). Pour lui, ces grossesses en milieu scolaire constituent un frein à l’éducation et à la formation professionnelle de la jeune fille ,et met en danger sa vie.L’on constate aussi qu’il y a de nombreux élèves pères dans les établissements. Ils allient étude et responsabilité. Ils sont contraints de faire des petits métiers pour soutenir la mère de leur enfant.
Le gouvernement a mis en place la direction de l’Egalité et de l’Equité du Genre (DEEG). Il a introduit dans le programme pédagogique national des leçons de vie pour apprendre à l’enfant à dire non. Avec l’UNFPA, ainsi qu’un programme de lutte contre les grossesses en cours de scolarité et la mise en place de la Stratégie nationale de réintégration des filles mères. Sans oublier l’élaboration d’un protocole de prise en charge de ces jeunes filles mères. Toujours dans les perspectives de cette lutte, il est prévu la construction de 7 lycées de jeunes filles avec internats. Il faut espérer que tous ces efforts n’acouchent pas d’une souris.
Coulibaly Djéneba correspondante régionale